Voici le complexe funéraire le plus gigantesque jamais bâti par
l’homme. Des temples fastueux bordant le Nil, des voies de procession,
des tombes de nobles et trois colosses de pierre : les pyramides de Gizeh!
Une géante construite 2600 ans avant notre ère, sur ce plateau calcaire,
aux portes de la ville. Deux autres pyramides, plus petites, ont poussé
à sa droite. Si sa voisine Khephren paraît la plus haute, c’est parce
qu’elle a été érigée 10 mètres plus haut.
Trois pyramides pour trois rois : Kheops, ou plus exactement Koufou, le père,
Khephren, le fils et Mykérinos, le petit-fils.
Quand elle est construite, la pyramide de Kheops mesure 230 mètres de côté
pour 148 mètres de haut, mais depuis, elle a perdu sa pointe.
Ces monuments funéraires aux dimensions gigantesques témoignent du
pouvoir des pharaons, considérés par leur peuple comme des dieux
vivants. Une vénération qui n’a pas empêché que leurs tombeaux
soient profanés, et même dépouillés de leur revêtement. Seule la
pointe de Khephren est encore proche de son état originel.
«- La pointe de la pyramide de Khephren est encore en place. On peut
imaginer que c’est la même que celle de Kheops?
- Oui. Le revêtement est exactement de même type. Toute la partie inférieure
a disparu, donc on est en surplomb, et il reste la pointe elle-même, qui
donne idée de la bordure qui manque. Quand on continue, par la pensée,
les bords de chaque côté, ça fait pas mal de mètres cubes aussi.»
En fait, les pyramides de Gizeh ont littéralement servi de carrière
à l’époque de la construction du Caire. Durant tout le Moyen Âge, les
habitants sont venus prélever les blocs de calcaire du revêtement extérieur
pour édifier les mosquées et les palais de la ville.
«- Le calcaire qui revêt la pyramide, on peut imaginer qu’il était
en couleur?
-C’est une des questions qui ont été posées. Sur certaines pyramides,
on a l’impression qu’il y a des restes de couleur. Ici, il ne semble
pas. Ici, on a trois, quatre blocs qui sont d’origine. On voit très
bien la pente de la pyramide intacte. Elle est un petit peu usée. A côté,
c’est restauré.»
À l’origine, la pyramide de Kheops s’élevait donc, dans le ciel,
comme une pointe de diamant totalement blanche. Sa taille, associée à la
qualité de ce calcaire parfaitement pur, conférait à l’édifice une
perfection architecturale qui frappait les voyageurs.
Les deux autres pyramides étaient pareillement revêtues. Leur blancheur
les faisait briller à des kilomètres à la ronde.
Au cœur de chacune des pyramides, les tombeaux des pharaons. Leurs
richesses ont très vite excité la convoitise des voleurs. Les
architectes avaient bien conçu des dispositifs pour les rendre
inviolables, mais aucun n’a résisté.
«Voilà, on rentre par l’entrée des voleurs. On se croirait dans
une grotte. Ça fait presque boyau naturel, mais, en fait, c’est creusé.»
Ici, les pillards ont eu de la chance. Au bout d’une dizaine de mètres,
ils ont débouché sur la galerie de la pyramide qui les a menés
directement à la chambre funéraire.
«Là, c’est le dernier palier. C’est le couloir qui nous mène à
la chambre du roi. Voilà le sarcophage du roi, en granit d’Assouan.
Toute la pièce est en granit d’Assouan.»
Sous cette chambre du roi, située au cœur de l’édifice, deux
autres pièces : la chambre de la reine, plus petite, et, creusée dans le
rocher, une chambre souterraine. Elle aurait servi à abriter le corps du
pharaon si celui-ci était mort pendant la construction.
Celle-ci a duré près de trente ans. Un exploit quand on songe que les Égyptiens
ne connaissaient ni la roue, ni la poulie!
Les blocs proviennent d’ici. Cette carrière, à quelques centaines de mètres
de la pyramide, a fourni les cinq millions de tonnes de pierre nécessaires
à l’édifice. Un des plus colossaux jamais construit par l’homme!
«- Pour l’époque, c’est déjà une architecture hors d’échelle.
- C’est hors d’échelle presque pour toutes les époques. Il faut
attendre très tard dans le temps pour que quelque chose dépasse cette
taille-là.»
Il y a 4500 ans, à l’époque où nos ancêtres élevaient des
menhirs et construisaient des huttes de bois, les Égyptiens, eux, réalisaient
ces travaux titanesques, en mobilisant la force de dizaines de milliers
d’ouvriers. Des monuments que l’on aurait, malgré notre technologie,
du mal à rebâtir aujourd’hui. |
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